La Chair chaude des mots
Collection de mots, en français, anglais et autres si affinités // Collection of words, in French, English, and more.

For I will consider my Cat Jeoffry.
For he is the servant of the Living God duly and daily serving him.
For at the first glance of the glory of God in the East he worships in his
way.
For this is done by wreathing his body seven times round with elegant
quickness.
For then he leaps up to catch the musk, which is the blessing of God upon
his prayer.
For he rolls upon prank to work it in.
For having done duty and received blessing he begins to consider himself.
For this he performs in ten degrees.
For first he looks upon his forepaws to see if they are clean.
For secondly he kicks up behind to clear away there.
For thirdly he works it upon stretch with the forepaws extended.
For fourthly he sharpens his paws by wood.
For fifthly he washes himself.
For sixthly he rolls upon wash.
For seventhly he fleas himself, that he may not be interrupted upon the
beat.
For eighthly he rubs himself against a post.
For ninthly he looks up for his instructions.
For tenthly he goes in quest of food.
For having consider’d God and himself he will consider his neighbour.
For if he meets another cat he will kiss her in kindness.
For when he takes his prey he plays with it to give it a chance.
For one mouse in seven escapes by his dallying.
For when his day’s work is done his business more properly begins.
For he keeps the Lord’s watch in the night against the adversary.
For he counteracts the powers of darkness by his electrical skin and glaring
eyes.
For he counteracts the Devil, who is death, by brisking about the life.
For in his morning orisons he loves the sun and the sun loves him.
For he is of the tribe of Tiger.
For the Cherub Cat is a term of the Angel Tiger.
For he has the subtlety and hissing of a serpent, which in goodness he
suppresses.
For he will not do destruction, if he is well-fed, neither will he spit
without provocation.
For he purrs in thankfulness, when God tells him he’s a good Cat.
[…]

Christopher Smart 

Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant

La vie est variable aussi bien que l’Euripe

Tu regardais un banc de nuages descendre
Avec le paquebot orphelin vers les fièvres futures
Et de tous ces regrets de tous ces repentirs
Te souviens-tu

Vagues poisons arqués fleurs surmarines
Une nuit c’était la mer
Et les fleuves s’y répandaient

Je m’en souviens je m’en souviens encore

Un soir je descendis dans une auberge triste
Auprès de Luxembourg
Dans le fond de la salle il s’envolait un Christ
Quelqu’un avait un furet
Un autre un hérisson
L’on jouait aux cartes
Et toi tu m’avais oublié

Te souviens-tu du long orphelinat des gares
Nous traversâmes des villes qui tout le jour tournaient
Et vomissaient la nuit le soleil des journées
Ô matelots ô femmes sombres
    et vous mes compagnons
Souvenez-vous en

Deux matelots qui ne s’étaient jamais quittés
Deux matelots qui ne s’étaient jamais parlé
Le plus jeune en mourant tomba sur le coté

Ô vous chers compagnons
Sonneries électriques des gares chants
    des moissonneuses
Traîneau d’un boucher régiment des rues sans nombre
Cavalerie des ponts nuits livides de l’alcool
Les villes que j’ai vues vivaient comme des folles

Te souviens-tu des banlieues
    et du troupeau plaintif des paysages

Les cyprès projetaient sous la lune leurs ombres
J’écoutais cette nuit au déclin de l’été
Un oiseau langoureux et toujours irrité
Et le bruit éternel d’un fleuve large et sombre

Mais tandis que mourants roulaient vers l’estuaire
Tous les regards tous les regards de tous les yeux
Les bords étaient déserts herbus silencieux
Et la montagne a l’autre rive était très claire

Alors sans bruit sans qu’on put voir rien de vivant
Contre le mont passèrent des ombres vivaces
De profil ou soudain tournant leurs vagues faces
Et tenant l’ombre de leurs lances en avant

Les ombres contre le mont perpendiculaire
Grandissaient ou parfois s’abaissaient brusquement
Et ces ombres barbues pleuraient humainement
En glissant pas à pas sur la montagne Claire

Qui donc reconnais-tu sur ces vieilles photographies
Te souviens-tu du jour ou une abeille tomba dans le feu
C’était tu t’en souviens à la fin de l’été
Deux matelots qui ne s’étaient jamais quittés
L’aîné portait au cou une chaîne de fer
Le plus jeune mettait ses cheveux blonds en tresse

Ouvrez-moi cette porte ou je frappe en pleurant

La vie est variable aussi bien que l’Euripe

Guillaume Apollinaire 

printed-ink:

Once Upon a Time in the North, by Philip Pullman (from his His Dark Materials universe)

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